Le salaire du product owner

Selon plusieurs études le salaire du product owner en France se situe dans une fourchette entre 38 K et 65 K brut / an avec une moyenne de 47 K brut / an

On peut en conclure que comparativement à d’autres jobs, le salaire du product owner est plutôt élevé.

Dans la réalité, il existe de nombreuses disparités suivant les entreprises, les régions et l’expériences des POs:

Dans ce post, je vous donne

  • Les critères qui définissent le salaire d’un product owner
  • Un barème permettant de savoir si vous êtes correctement rémunéré.
  • Quelques astuces pour prétendre gagner plus.

Les critères qui définissent le salaire d’un product owner : 

Avant de rentrer dans le détail des salaires, permettez moi de vous donner les 4 critères qui jouent dans le calcul du salaire d’un product owner.

NB: Ces critères s’appliquent aussi dans de nombreux autres jobs

1. Junior Vs senior


Evidemment l’ancienneté compte.

On est pas le même PO à nos débuts que celui que l’on est après 5 ou 10 années d’expérience.

Un bon employeur recrute en général en connaissance de cause et sait qu’embaucher un senior a un prix.

En revanche, vouloir recruter un product owner junior juste parce qu’il est moins cher qu’un senior est un très mauvais calcul.
De votre côté, si c’est votre première expérience en tant que PO, dites vous que votre rémunération au rabais est comblée par votre apprentissage du métier.

2. Généraliste / spécialiste

Ce critère est souvent défini par votre séniorité mais pas que.
Au départ, on commence notre carrière de PO par opportunité et on ne choisit pas forcément le type de produit que l’on préfère.
C’est au fur et à mesure des expériences que l’on se spécialise.

Par exemple: Si vos 2 expériences précédentes sont dans l’e-commerce, vous pouvez promouvoir une expertise e-commerce.

Cependant, il se peut aussi que votre spécialité vienne de votre expertise métier première.

Par exemple, si avant de devenir product owner, vous étiez un analyste produit, votre sens de l’analyse et des métriques vous donne un avantage compétitif.

Avoir 1 ou 2 expertises métiers à votre arc sont des plus values à exploiter.

Promettez les lors de votre recherche de job et ciblez les annonces qui requiert ces expertises.

Cela vous permettra d’avoir des arguments pour négocier une rémunération plus forte et vous démarquer.

3. Le lieu

Ce critère est beaucoup plus arbitraire.
J’enfonce une porte ouverte mais tout le monde sait qu’en France les salaires sont plus élevés à Paris qu’en province.

De la même façon les grandes agglomérations payent mieux que les villes petites ou moyennes.

Rien de neuf ici. Ça vaut aussi bien pour un salaire de product owner que pour un salaire d’électricien.

Inutile aussi de vous rappelez que gagner plus à Paris ne veut pas dire vivre mieux.
Tout est lié au ratio entre votre rémunération et le coût de la vie du lieu où vous habitez.

4. Type d’entreprises

Dernier critère très important et pourtant pas le moindre : le type d’entreprise.

J’entends par là, le salaire moyen que vous toucherez selon si vous travaillez pour une grande entreprise, une PME et/ou une startup (pour schématiser).

LES PMEs

D’emblée, je vous le dis tout de suite, entre les 3, ce sont généralement dans les PMEs où vous toucherez le moins (à titre et à mission égale).

La raison est simple : Une PME c’est une ex-startup qui n’a pas su devenir grande.

Désolé pour toutes les PMEs mais c’est la vérité.
Une PME c’est en général une boite qui tourne, qui fait du chiffre mais qui n’a pas les moyens d’une grande entreprise et qui ne va pas prendre les risques d’une startup pour grandir.
En ce sens, leur grille salariale est souvent conservatrice et égalitaire.

LES GRANDES ENTREPRISES

Pour viser une rémunération confortable sans risque, visez les grandes entreprises.
La majorité ont les moyens de mettre 10 ou 20% de plus facilement que les PMEs et elles ne s’en privent pas pour attirer les meilleurs talents (du moins c’est ce qu’elles croient).

LES STARTUPS

C’est normalement ici que vous avez le plus de chance de viser les plus hauts niveaux de salaires.
Attention, si vous travaillez dans une startup et que vous êtes payé au lance pierre, je me permet de vous apporter un petit rectificatif avant que vous ne commentez ce post.

APARTÉ sur les startups:

  • Une petite entreprise qui débute où l’atmosphère est détendu mais studieuse c’est pas une startup.
  • Une petite entreprise qui développe un produit cool et qui s’apprête à lancer une nouvelle fonctionnalité c’est pas une startup.
  • Une petite entreprise qui à quelque clients et qui fait fait un peu de chiffre d’affaire, c’est pas une startup.  

On a souvent tendance à assimiler toutes nouvelles entreprises à des startups.

Permettez de redéfinir les bases.

Une start up ça veut dire littéralement “Démarrez haut”.
En gros, dans une startup, la croissance est violente, les perspectives infinies et il y a toujours beaucoup plus de taf que d’employés.

Pour avoir travaillé dans de vraies startups, voici ma définition :

Une startup, c’est un endroit où il y a constamment une forte charge de travail qui est imposée exclusivement par la demande incessante des utilisateurs / clients (pas par la direction).

Si ce n’est pas votre cas, alors vous ne travaillez pas dans une startup.

Au mieux vous travaillez dans une petite boite qui croit être une startup mais dont la perspective dans le meilleur des cas est de devenir une PME après des années d’effort.

Fin de l’APARTÉ

En revanche, si vous déniché une vraie startup ou même une scale up (ce qui est en gros la vraie définition d’une startup mais comme tout est devenu startup, il a bien fallu trouver un terme pour dissocier ceux qui se plantent de ceux qui réussissent), alors vous avez une opportunité de faire du beurre.

Dans une startup, les fondateurs sont à cran. Ils doivent absolument recruter vite et bien.

Ils n’ont pas peur de vous payer cher car ils savent que la croissance de leur boîte dépendent de votre talent.

Par rapport à des grands groupes ou des PMEs, ils peuvent dégainer des avantages uniques tels que des parts de leur business.


Ce genre de startups ont en général levées au moins un tour de table qui leur permettent d’avoir un bon fond de roulement.

Le recrutement d’un product owner vient généralement juste après la levée d’un investissement car avant cela c’est souvent l’un des founders qui s’est occupé du produit.

Une startup est l’endroit idéal pour négocier un bon salaire et glaner des avantages qui peuvent s’avérer un bon investissement à moyen terme.

Je ne parle même pas des responsabilités (c’est pas le sujet).

Les tranches de salaire d’un product owner : 

grille salaire

Maintenant que l’on a vu ensemble les critères qui peuvent faire monter ou baisser votre salaire, voyons en détails dans quelle tranche de salaire vous vous situez.

L’idée ici est de savoir si votre salaire actuel matche avec vos compétences, expériences et autres critères vu auparavant.

NB: Toutes les tranches dont je parle ici sont basées uniquement sur des salaires de product owner en France métropolitaine.

MOINS DE 30 K / AN

Bon là je vais faire vite, si vous avez la fonction de product owner et que vous êtes en dessous des 30 K par an, fuyez.

Nul ne peut décemment accepter ce tarif pour un job si chronophage et qui demande autant de responsabilités. 

Même si vous êtes ultra junior, opérez dans une minuscule structure en corrèze, ca s’appelle tout simplement de l’exploitation.

J’adore mon job mais à ce prix, il y a des tonnes de jobs beaucoup plus simples et moins stressants à faire où vous pourrez terminer tous les jours à des horaires convenables.

Si vous avez un tel salaire, c’est une faute professionnelle d’avoir accepté ce tarif.
Et si je peux me permettre… “Honte à votre employeur !”

ENTRE 30 ET 40K / AN

Ok, pourquoi pas. Vous êtes encore loin de la moyenne (surtout si vous êtes plus près des 30 que des 40) mais c’est possible si : 

  • Vous etes junior
  • Il vous manque une spécialité ou une expertise clé
  • Vous vivez en dehors de Paris

Si ce n’est pas le cas. Attention à l’arnaque.

ENTRE 40 ET 45 K / AN

Vous avez le même profil que la tranche précédente mais vous êtes situé à Paris ou proche banlieue.

Attention, si vous êtes considéré comme un Senior ou vous avez une expertise à forte valeur ajoutée, ne négociez pas un tel salaire.
Vous serez alors clairement en dessous des prix du marché.

ENTRE 45 ET 55 K / AN

On commence à viser la petite zone de confort (au niveau français).

Les 2 cas pour cette grille salariale peuvent se justifier selon les critères suivants : 

  1. Senior, généraliste à Paris ou région parisienne
  2. Senior, spécialiste hors Paris

Dans cette situation, vous vous situez clairement dans la moyenne.
Si vous êtes en bas de la fourchette, essayez tout de même de dépasser les 50K si vous le pouvez en demandant une augmentation après 18 mois d’ancienneté ou lors de votre prochain job.

ENTRE 55 ET 65K / AN


Bien joué. Avec un tel salaire, vous devez être un product owner senior avec certainement une expertise demandée.

Il y a de grande chances que vous soyez situé également à Paris sinon, c’est encore mieux et vous devez êtes une Rockstar ou tout du moins un bon négociateur.

A ce stade, il va être dur de viser beaucoup plus haut. Malheureusement faut pas rêver, on est en France.

J’adore mon pays, mais s’il y a une chose où l’on est à la ramasse professionnellement, c’est au niveau des salaires ( j’ai 10 ans d’expat derrière mois dans 3 pays différents donc je sais de quoi je parle).

Cela s’applique à tous les jobs et encore plus à un job comme celui de product owner qui est souvent incompris par les recruteurs et sous-évalué.

PLUS DE 65 K / AN

Là clairement, vous êtes situé dans une zone privilégiée.

Les 2 cas de figures les plus probables pour que vous atteignez ce niveau de salaires sont :

  1. Vous êtes freelance avec un TJM confortable et des clients récurrents
  2. Vous avez une expertise clé dans une boîte qui sait payer (potentiellement une boite américaine).

Ne changez rien et partagez vos astuces pour la communauté dans les commentaires.

Quelques astuces pour gagner plus : 

Après ce tour rapide sur les tranches de salaire, je vous propose quelques astuces simples pour viser plus haut.
Je tiens à le préciser, ces astuces demandent de sortir de votre zone de confort (si c’était si simple tout le monde le ferait).

Vous n’avez pas peur de l’aventure

Bon, je n’aime pas encourager mes compatriotes à s’expatrier mais si vous voulez voir du pays et rêvez d’un salaire à 6 chiffres (ou d’un loyer à 3 chiffres), voir ailleurs est une solution.

Je ne vais pas détailler ici car cela pourrait faire l’objet d’un blog à part entière mais si rien ne vous retient en France et que vous avez le goût de l’aventure, sachez que le job de product owner est très apprécié notamment dans les pays anglo-saxons (et très bien rémunéré).

Il y a forcément des tonnes de contreparties mais s’expatrier quelques années c’est parfois un bon moyen pour se remplir un peu les poches et gagner en expertise.

Devenez Freelance 

Je dois vous avouer que je ne suis pas du tout expert sur le sujet.
Par principe, le job de product owner s’inscrit dans la durée et travailler pour une mission de quelques semaines ou quelques mois n’est pas l’idéal pour apporter un résultat.

En revanche, ce que je peux en dire c’est que si vous savez tirer votre épingle du jeu: le futur appartient aux freelances.

A moins que vous soyez en CDI avec une rémunération tout en haut du panier, avoir une activité régulière de Freelance est plus rémunératrice (et pas forcément plus risquée).

Forgez vous une spécialité

Que vous soyez tenté par les points précédents ou non, vous ne pourrez pas faire l’impasse sur celui-ci.

Avoir une ou plusieurs spécialités est un must dans notre profession pour se valoriser.
C’est ce qui va permettre tout d’abord de vous démarquer parmi tous les autres candidats et vous donner une empreinte mémorable.

Forgez vous une expertise (si possible très demandée).

Mon exemple :

Je me défini comme un Product owner ayant une forte expertise dans la construction de valeur initiale.

Clairement, je déteste travailler sur des vieux produits boîte à outils avec 50,000 fonctionnalités inutiles.

Je suis vraiment axé sur la construction de nouveaux produits avec un core très simple.
Là où j’excelle est dans la recherche de fonctionnalités qui auront un impact maximal.

Mon job c’est de construire les 20% du produit qui vont rapporter les 80 % de bénéfices
(cf : Loi de Pareto pour ceux qui ne connaissent pas).

Ce positionnement est forcément éliminatoire pour certains postes.
En revanche cela me permet de me positionner en pôle position pour les offres produits que j’apprécie le plus.

Evidemment, annoncez quelque chose que vous maitrisez… pas de bullshit (ça va se voir).

Un salaire voué à grandir ???

evolution salaire product owner

Avant de conclure, j’aimerais partager brièvement avec vous mon avis sur les perspectives d’évolution de salaire d’un product owner dans les années à venir en France.

Les bonnes nouvelles

NUMÉRO 1

Ayant vécu dans la silicon Valley en pleine période de frénésie, je vois quelques indices qui me font dire que les grilles salariales dans la tech en général et pour le métier de PO en particulier sont florissantes.

Depuis quelques années, la france vit une période décomplexée où les jeunes pousses (startups) ne sont plus obsédées par le fait de copier bêtement des modèles américains et se tournent vers des solutions locales, uniques et innovantes.

Les récents succès de Payfit ou Doctolib pour ne citer qu’eux en France ou même leurs cousins européens tels que TravelPerk ou Revolut font venir les investisseurs de gros calibres en masse.

On assiste à des levées de fonds de plus en plus importantes qui égalent les américains.

Il ne faut pas se tromper, ces investissements ont pour but de donner à ces startups les moyens de recruter lourdement à des prix ultra compétitifs pour retenir les talents en France et en Europe.

Cette tendance si elle se confirme va dynamiter l’écosystème et tirer les rémunérations vers le haut.

NUMÉRO 2

L’essor du freelance en France ne profite pas seulement aux développeurs, designers ou spécialistes SEO.

Le job de product owner est de plus en plus demandé en tant que prestataire.

Il ne faut pas se le cacher, etre freelance (si on s’assure un nombre de clients minimum), ca rapporte plus.

Les mauvaises nouvelles

NUMÉRO 1

Il y a de plus en plus de product owners en chiffres mais pas forcément en qualité.

Je l’ai évoqué dans ce post, on recrute de plus en plus de product owners qui ne sont pas de vrais product owners car beaucoup d’entreprises ne comprennent pas la définition du job.

Cette tendance représente un risque pour la réputation de notre profession mais aussi un risque de dépréciation des salaires.

En effet, beaucoup de faux product owners sont prêts à accepter des salaires plus bas car ils n’ont pas conscience des responsabilités qu’ils vont endosser.

NUMÉRO 2

La france est et reste un pays centralisé.

A l’heure du télétravail et des entreprises nomades, le travail bien payé reste centralisé sur des zones ultra urbaines.

Si vous kiffez votre job mais que votre truc c’est la campagne, pas facile d’avoir un job de product owner avec un salaire bien payé en zone rurale.

Les quelques offres hors grandes agglomérations n’offrent en général pas des rémunérations à la hauteur des offres parisiennes.
C’est triste mais c’est pas prêt de changer.


ET VOUS ?

Alors où vous situez-vous ? 
Même si je sais qu’il n’est facile de partager sur le sujet de la rémunération, j’espère que ce post vous aidera à évaluer votre situation.

Je sais que c’est plutôt tabou de parler de ça en France.

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